J’ai pris la rue qui monte. Celle qui va là-haut vers chez moi. Cela m’exige un effort physique, une différente façon de placer mon corps. Il faut arriver là-haut ! Toucher la fin de ce plan oblique. L’effort physique m’éveille, me fait réfléchir. Le corps se penche en créant une nouvelle direction, une forme chorégraphiée elle aussi oblique interrompue d’orthogonalité.

 

Synonyme de chemin de traverse, l’oblique peut être un raccourci comme un détournement. L’oblique est elle-même une forme de doute, une forme de brume qui permet de regarder du haut vers le bas, ou du bas vers le haut. Un regard indirect vers un temps passé, futur ou présent, désormais désordonné.

 

Cette fragilité m’intéresse, un état d’entre-deux : entre la stabilité et la chute. Comme le moment où une histoire penche vers la conclusion de son récit.

 

 

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